Instit en grève !!!!
Une fois de plus j'y suis dépeinte comme la feignasse de service, la trop payée à rien faire qui ne sait que râler. Mais mince ! Si c'était si facile d'être instit et si la rémunération est si attractive eh bien ! il fallait le faire au lieu de me critiquer et me jalouser !
Oui mais voilà, ne faut-il pas pour être enseignant une forte vocation, un soupçon d'abnégation.
Je suis entrée dans le métier en 1973 et l'an prochain la maman de 4 enfants , qui n'a jamais travaillé à temps partiel ni eu de congé parental, va prendre sa retraite. Je la prendrai avec au fond du coeur un grand chagrin de quitter mes chères têtes blondes, une grande inquiétude au regard de l'avenir que leur conçoivent nos politiques. Je la prendrai aussi avec avec un certain ras le bol : en effet j'en ai marre d'être un bouc émissaire.
Chaque matin je suis dans ma classe à 7h30 . Je prépare mon tableau, termine quelques corrections, fais mes photocopies, procède à l'affichage des notions acquises.
La classe commence à 8h30 et se termine à 16h30.
Je reste à l'école le midi. Je mange à la cantine. Le soir je quitte ma classe au plus tôt à 17h45. Parfois je suis là jusque 19heures et je corrige, et je prépare.
Le soir, le mercredi, le dimanche, durant les vacances je travaille aussi chez moi. il y a les progressions, les répartitions, les préparations, les évaluations, les recherches, les mises en carton début juillet, défaire les cartons et préparer la rentrée fin août...
D'une année sur l'autre je ne fais jamais la même chose sur la forme. Les années et les enfants se suivent et ne se ressemblent pas. Et puis c'est un métier où on se remet toujours en question.
Je précise que les samedis sont libérés pour les enfants mais pas pour nous. Que je dois devoir travailler le mercredi et le soir pour les récupérer ainsi que lundi de pentecôte pour lequel je n'ai pas fait le pont : je travaillais le vendredi.
Je n'ai pas de comité d'entreprise, comme je pars en période scolaire je paie mes vacances au prix fort car je n'ai pas le droit à une dérogation pour partir hors temps scolaire.
Mais de tout cela je ne me plains pas. je vous l'expose juste à titre indicatif car j'ai lu que je travaillais 20h par semaine !
Pas plus que je ne me plains de mon salaire. J'ai commencé à 1200 fr par mois (le smic à l'époque) en temps que suppléante éventuelle et je n'étais pas payée entièrement pendant les vacances. J'ai du racheter mes 5 années de suppléance. Je vais terminer ma carrière à 2100 euros par mois pour un travail hebdomadaire de 50heures. J'ai entendu que le salaire moyen d'un instit était de 2800 euros.
Je me plains de ces politiques qui me prennent pour une incompétente, une girouette, qui ne cessent de changer les programmes, qui se targuent de savoir mieux que moi ce qu'il faut faire ! (j'ai 20 ans d'expérience en cp/ce1) alors qu'aucun d'entre eux ne fut instit.
Mais oseraient-ils dirent à leur plombier comment il doit faire pour réparer une fuite sans risquer de le voir s'en aller en les laissant avec leur panne ?
Oui j'en ai assez ! Vous voulez nous taper dessus ce sera sans moi ! Écoutez bien ceux qui veulent diviser pour mieux régner et demain vous pleurerez lorsque vous constaterez que vos enfants sont en échec dans des classes surchargées et que des programmes minima listes ont fait d'eux de bon petit travailleurs obéissants ou de bons petits chômeurs car même avec ces belles réformes le chômage existera toujours (la faute à ces fainéants d'instit). Demain dans une société où l'éducation sera à 2 vitesses comme la médecine vos enfants seront en mal d'apprendre.
Je suis une fainéante d'instit. C'est ce que disais un collègue de mon mari avant que sa fille ne choisisse ce métier. Aujourd'hui il me dit : "Elle est toujours occupée pour l'école, elle ne compte pas ses heures, la pauvre ! On ne la voit jamais !"
Mais non Paul tu l'as dit toi- même : c'est un métier de fainéants !
Par ame-caline, Jeudi 15 Mai 2008 à 16:44 GMT+2 dans POEMES (article, RSS)





